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Et le bonheur au travail, on en parle ?



Dans le premier volet de cette série, nous vous expliquions ce qu’était la QVT.

La QVT ou Qualité de Vie au Travail est donc l’approche conjointe entre le bien-être des salarié.e.s et la performance de l’entreprise.

Mais qu’entend-on par « bien-être des salarié.e.s » ? Quels sont les éléments qui favorisent ce bien-être ? Nous entendons déjà clairement certaines personnes nous hurler : « Stop à l'injonction du bonheur au travail !! Le travail n’est pas là pour apporter du bonheur !! » Et d’autres remarques de ce type.

Rassurez-vous, nous ne décrétons rien, non n’imposons rien.


Dans ce deuxième épisode de notre série "Les leviers pour une meilleure QVT", nous vous proposons simplement de voir les risques psychosociaux sous un autre angle.


Des RPS aux FET

Michel Gollac*, sociologue spécialisé dans les risques psychosociaux ou RPS, en a déterminé les principaux facteurs au début des années 2000.

Les 7 grandes catégories de facteurs de risques qu’il a déterminées aident désormais les spécialistes des RPS et les entreprises à mieux cerner ce qui peut être source de RPS sur les lieux de travail.

Mais au lieu d’observer ces facteurs d’un point de vue négatif, ne serait-il pas bien plus constructif de les aborder d’un point de vue positif ?

Alors observons chacune de ces sources de bonheur au travail sous l’angle des facteurs d’épanouissement au travail ou FET (en plus, on peut le lire comme « Fête », belle coïncidence n’est-ce pas ?) !


Les facteurs du bonheur au travail


Voyons à présent les 8 facteurs de bonheur au travail :


Un travail intéressant et stimulant

Cela implique un certain libre-arbitre dans son travail et dans la façon de le faire.

Afin d’être intéressé et stimulé par son travail, il est essentiel que ce travail soit en accord avec ses compétences, ses envies, ses centres d’intérêt et qui qu’il présente certains défis à relever.

Des horaires et un rythme de travail qui respectent le travail et l'équilibre vie personnelle/vie professionnelle

Cela implique un rythme de travail régulier et raisonnable, d’avoir des objectifs de travail suffisamment précis et SMART (Spécifiques, Mesurables et tangibles, Atteignables, Réalisables dans le temps imparti, Temporellement définis), avoir des objectifs en cohérence avec ses moyens et ses responsabilités, avoir des instructions cohérentes entre elles et des interruptions réduites.


Des exigences émotionnelles limitées

Pour les personnes en contact avec du public, les exigences émotionnelles sont inévitables.

Il en est de même pour les personnes confrontées à la souffrance d’autrui, à des conditions précaires, parfois à de la violence subie par ces contacts.

Souvent les trois sont réunies pour les salarié.e.s de services sociaux, de services de police, d’hôpitaux ou d’EPHAD.

Prévoir des processus et des formations pour limiter les tensions avec le public, des formations et du soutien psychologique pour accepter et prendre du recul face à la souffrance d’autrui pour les soignants, prévoir le personnel nécessaire afin de pouvoir prendre le temps nécessaire pour bien faire son travail avec des personnes fragiles ou en forte demande (malades, personnes âgées, personnes en difficulté sociales, financières, etc) sont autant de mesures qui, bien qu’elles ne feront pas disparaître ces conditions, permettront aux salarié.e.s, de mieux accompagner ces personnes en souffrance et donc de ressentir de la satisfaction dans leur travail.

De l'autonomie dans son travail

L’autonomie est un facteur très important du bonheur au travail.

Cette autonomie peut parfois être très limitée selon les postes, mais elle doit toujours pouvoir exister, qu’elle soit dans la tâche elle-même, la façon de l’effectuer, l’ordre dans lequel effectuer les différentes tâches, le moment de les effectuer dans la journée, la semaine, etc, le choix des compétences ou outils à utiliser et la possibilité de monter en compétence sur des domaines choisis.

Des rapports sociaux respectueux

Avoir de bons rapports et des rapports respectueux avec ses collègues, ses managers, ses clients, ses fournisseurs est essentiel à l’épanouissement au travail. Cela inclut également la reconnaissance au travail, par ses pairs et sa hiérarchie.

Des valeurs de l'entreprise en accord avec les siennes

Ces valeurs peuvent aussi bien concerner la vocation et les missions de l’entreprise, la façon de traiter son personnel, ses clients et ses fournisseurs. Elles concernent également la liberté laissée au personnel de bien faire son travail, avec le niveau d’exigence que la personne estime nécessaire, et le sens et l’utilité qu’elle voit dans son travail et ses missions et que l’entreprise reconnait.

Une certaine sécurité de l’emploi et du travail

Des contrats de travail qui respectent les personnes, une visibilité sur l’avenir et sur ses évolutions, des changements qui, quand ils sont nécessaires, sont accompagnés et communiqués sont des aspects à prendre en compte pour que les salarié.e.s soient bien dans leur travail et leur entreprise.

Un état de bonne santé mentale et physique

Ce dernier facteur ne fait pas partie des 7 facteurs de RPS et pourtant, qu’il soit lié ou non au travail, l’état de santé a une influence sur le travail d’un.e salarié.e et l’état d’esprit dans lequel les tâches sont effectuées. C’est la raison pour laquelle il nous semblait essentiel de l’ajouter. L’entreprise a un rôle à jouer pour adapter les postes de travail, aménager les horaires et apporter des techniques pour accompagner les salarié.e.s qui en ont besoin (ostéopathie, réflexologie, yoga, etc. sont autant de techniques pour soulager les troubles physiques ou mentaux des salarié.e.s et les aider à être plus sereins au travail.)


Alors, êtes-vous prêt.e à mettre en place des actions sur plusieurs de ces facteurs ?

Le bonheur au travail n’est finalement pas si utopique, n’est-ce pas ?


Retrouvez prochainement la suite de notre série "Les leviers pour une meilleure QVT : épisode 3 "L'évaluation des risques professionnels : est-ce de la QVT ?"





*Auteur, sociologue, administrateur de l'INSEE, membre du Centre de recherche en économie et statistiques (CREST) et codirecteur du Groupe d'étude sur le travail et la souffrance au travail (GESTES). Il est spécialisé dans les Risques Psychosociaux et leurs impacts sur les salarié.e.s.


Crédit photos et illustrations: Freepik, Canva et Getty Images


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